L’héritage de l’École de Francfort: Les NOUVEAUX MOUVEMENTS SOCIAUX (NMS) – 1

December 21, 2014 § Leave a comment

RETOUR SUR LE MARXISME CULTUREL

Selon Melanie Phillips, journaliste anglaise du Daily Mail, nous avons été idiots de croire que la gauche radicale marxiste était disparue avec la fin de l’URSS: elle est toujours vivace et elle nous sabote de l’intérieur.

Melanie Phillips révèle que l’agitation anti-raciste ou LGBT s’inscrit dans un programme plus général de subversion des valeurs de la culture occidentale.

“This was what might be called ‘cultural Marxism’. It was based on the understanding that what holds a society together are the pillars of its culture: the structures and institutions of education, family, law, media and religion. Transform the principles that these embody and you can thus destroy the society they have shaped.” (Melanie Phillips)


 

Le marxisme culturel puise ses fondements théoriques dans les travaux d’Antoni Gramsci et des philosophes de l’École de Francfort. Comme nous le verrons dans cette série d’articles, le marxisme culturel est bien implanté au Québec, notamment dans le « second front de lutte » de la CSN et Québec Solidaire.

L’École dite de Francfort s’est progressivement constituée dans les années 30, 40 et 50 et ses principaux représentants sont Theodore  Adorno, Max Horkheimer, Herbert Marcuse, Walter Benjamin et, surtout, Gramsci. Ces philosophes et intellectuels ont chacun atteint une stature universelle et ont joué un rôle critique dans le renouvellement des concepts et méthodes à la base du marxisme.

En bref, l’idée de génie articulée par ces penseurs aura été d’appliquer la grille marxiste d’analyse de luttes des classes, restreinte jusque-là à la sphère économique, à toutes les situations sociales où l’on retrouve des structures collectives asymétriques (parents-enfants, hommes-femmes, de souche-immigrants, Gays-straights, médecins-patients, etc.), c-à-d dans toutes les situations sociales où il y a apparence d’une classe dominante opprimant une classe dominée.

Le grand résultat concret de ce travail théorique, c’est l’émergence, dans les années 60, des “Nouveaux Mouvements Sociaux” (NMS) en parallèle, et en complément, à la lutte ouvrière. À ce moment-là, les NMS désignent alors les groupements les plus divers : mouvements noirs et luttes étudiantes aux USA,  mouvements écologistes, féministes, régionalistes, pacifistes, etc. En 2014, les Carrés rouges et les mouvements Occupy sont les plus récents avatars des NMS. Avec les Nouveaux Mouvements Sociaux, les marxistes/socialistes ont réussi à créer et articuler une théorie politique qui englobe TOUS les aspects de la vie humaine et sociale. Ce fut un succès sur toute la ligne.

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Comme nous le savons, ces penseurs ont élargi le marxisme classique, qui focalise uniquement sur la lutte des classes économiques, à un nouveau marxisme qui inclut une théorisation des enjeux culturels et sociaux: la lutte des classes ne doit pas être qu’économique mais doit aussi se faire dans les sphères culturelle, sociétale, environnementale et morale. Cette théorisation a, d’une part, introduit de nouvelles catégories politiques, à savoir l’environnementalisme et la victimologie (avec des victimes de toutes nature: femmes, gays, immigrants, queers, les trans, les alter, les machins, les jeunes, etc.) et a, d’autre part, culminé dans des multitudes d’actions politiques concrète avec les Nouveaux mouvements sociaux.

Depuis les années 60-70, ces Nouveaux mouvements sociaux ont connu un essor incroyable en Occident. La culture, l’environnement, le sociétal et la morale constituent la nouvelle scène du jeu politique. Dans l’optique des NMS, l’économie est subordonnée au social et à la culture et a été reléguée au second plan. La grande idée-force des NMS est d’appliquer les schémas “dominant-dominé” et de lutte des classes dans toutes les dimensions de la vie sociale où on retrouve des relations ‘inégalitaires’ (hommes-femmes, hétéro- vs gays, etc.) ou asymétriques. La “Lutte des classes” marxistes est recyclée en revendications des lobbys Gays, féministes ou ceux d’une religion ou secte quelconque.

PRÉSENTONS QUELQUES EXEMPLES DE “NOUVEAUX MOUVEMENTS SOCIAUX”…

Pour Gramsci, en particulier, l’avènement du socialisme ne passe plus par un putsch ou par l’affrontement direct, mais par la subversion des esprits. La stratégie Gramscienne est donc de contrôler la “culture” parce qu’elle est la clé de voûte des valeurs et des idées collectives.  Gramsci théorise donc une implantation du marxisme qui passe par l’éducation, l’endoctrinement et la subversion des esprits. Ces penseurs de l’École de Francfort demeurent néanmoins des marxistes car ils transposent systématiquement le schéma de lutte de classe (oppression/aliénation, dominants/dominés) à toutes les relations sociales et culturelles.

Avec cette application de la “grille” d’analyse marxiste à tous les sujets, le marxisme économique classique, qui ne s’intéresse essentiellement qu’à la lutte des classes économiques, à la volonté de supprimer l’exploitation et la propriété privée des moyens de production, ne devient qu’une composante du mouvement marxiste. Cette nouvelle grille marxiste avec son schéma politique gauche/droite a connu son apogée durant les ‘Trente glorieuses’ (circa 1945-1975). La droite européenne ayant été complètement discréditée depuis la défaite honteuse de Hitler, Mussolini et Pétain (tous ces dictateurs étant associés à la droite), les socialistes ont manipulé la dialectique gauche-droite à leur guise et le jeu de l’équilibre des forces n’a jamais réussi à s’établir dans nos sociétés occidentales.

En résumé, tous les Mouvements Sociaux qui appliquent cette vision victimaire de lutte de classe, d’oppression/aliénation, à toutes les enjeux sociétaux et et culturel ainsi qu’aux conflits éthiques peuvent être catégorisés comme étant des marxistes culturels. Au Québec, le PQ et, surtout Québec Solidaire, ont réussi à fédérer très efficacement tous ces lobbys, groupes de pression et mouvements sociaux pour en constituer une force politique significative.

Malheureusement, cette grille d’analyse est aussi bien utilisée chez plusieurs membres de notre chère droite québécoise.

Deux points de vue s’affrontent sur le terrain du marxisme culturel: les marxistes eux-mêmes et les paléo-conservateurs américains (Paul Gottfried et cie) qui en ont fait leur tête de turc. Le prochain article présentera ces deux perspectives.

gramsci

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Plus d’informations sur le Second front de lutte de la CSN:
http://www.csn.qc.ca/c/document_library/get_file?p_l_id=1638356&folderId=4117816&name=DLFE-55213.pdf

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