February 2, 2017 § Leave a comment

L’école, et en particulier le lycée classique forgé par les États-nations bourgeois aux xixe et xxe siècles, a en particulier joué ce rôle d’imposer des classiques à la jeunesse, ceci en vue de faire entrer la descendance « dans le cercle des récepteurs des grosses lettres essentielles » (p. 12)1. Mais pour Sloterdijk, cette époque est aujourd’hui révolue. L’établissement de la culture de masse (radio, télévision, réseaux…) a mené à l’établissement d’une société marginalement, voire, « post-littéraire, post-épistolographique et en conséquence post-humaniste » (p. 13). La floraison littéraire importante d’après 1945, serait son dernier balbutiement, son chant du cygne, un dernier concours d’exaltation et d’auto-illusion.” (source :wikipedia)

http://www.multitudes.net/Regles-pour-le-Parc-humain/

 

Le féminisme serait-il en perte de vitesse?

December 11, 2016 § Leave a comment

La technologie Ngram de Google permet de faire une recherche plein-texte dans tous les livres numérisés par Google. Nous avons fait quelques essais et, bonne nouvelle, le “féminisme” serait clairement en perte de vitesse dans la littérature anglo-saxonne depuis 1996…
https://books.google.com/ngrams/interactive_chart?content=feminism&case_insensitive=on&year_start=1900&year_end=2008&corpus=15&smoothing=3&share=&direct_url=t4%3B%2Cfeminism%3B%2Cc0%3B%2Cs0%3B%3Bfeminism%3B%2Cc0%3B%3BFeminism%3B%2Cc0%3B%3BFEMINISM%3B%2Cc0

L’affaire Alice Paquet

October 23, 2016 § Leave a comment

L’affaire Alice Paquet…. Quelle histoire minable.

Grâce à Paul André Beaulieu, le chat est sorti du sac. La fille est clairement une SJW.

Cessons d’être de pauvres cloches naïves. Cette jeune femme sait très bien ce qu’elle fait, elle est tout sauf une “petite-victime-qui-fait-pitié”. Cette femme est en guerre, une guerre contre le “patriarcat”. Cette guerre est un des grands fronts de la guerre de tous contre tous, c-à-d. le marxisme culturel.

Les victimes d’agression sexuelles sont le dernier de ses soucis et la recherche de la vérité l’est encore moins. Tout ça a été planifié, voulu et organisé.

Tout ça n’ira pas en procès. Elle n’en veut pas de ce procès. Le procès est inutile. Le procès est terminé: elle a déjà gagné et le bonhomme est mort.

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L’héritage de l’École de Francfort: L’ÉMERGENCE DES NOUVEAUX MOUVEMENTS SOCIAUX (NMS) – 2

February 17, 2015 § Leave a comment

 Le premier article de cette série voulait présenter la transformation extraordinaire du marxisme depuis la fin de la seconde guerre mondiale, à travers d’une part, les travaux théoriques de l’École de Francfort, un regroupement assez large de philosophes et de sociologues et, d’autre part, l’émergence des Nouveaux Mouvements Sociaux (NMS) comme lieux privilégiés de l’action collective contemporaine.

Globalement, la stratégie de ces NMS est d’une efficacité quasi-diabolique: On crée des catégories abstraites et on artificialise et insrumentalise des conflits entre ces groupes.

Les Nouveaux Mouvements Sociaux (NMS) sont actifs dans les domaines environnementaux (les “Écolos”), de la libération des femmes (les “féministes”), des gays, lesbiennes et transgenres (les LGBT), des immigrants, des syndiqués, des pauvres, des queers, des Blacks, des Beurs, des anarchistes (les “black blocs”) et cie. Ces NMS ne sont pas organisés en partis politiques mais plutôt en “Réseaux” plus ou moins bien structurés. Avec les NMS, nous ne sommes plus devant des structures hiérarchiques quasi-militaires mais devant des structures fluides, mouvantes et réticulées.

Au Québec, les syndicats, le PQ et Québec Solidaire ont réussi à fédérer et à canaliser avec succès ces Nouveaux Mouvements Sociaux. Ils ont ainsi contribué à régénérer la gauche québécoise. L’intérêt et l’ATTRAIT des NMS réside en partie dans leur caractère HOLISTIQUE: pour ces militants, l’action collective doit dépasser et transcender le politique et englober toutes les dimensions de la vie sociale, culturelle et morale d’une communauté.

LE MARXISME CULTUREL VU PAR LES MARXISTES…

De façon analogue au “christianisme culturel”, il n’y a pas de définition universellement acceptée du “marxisme culturel”. En pratique, on identifie deux visions du marxisme culturel. La première vision est celle des marxistes eux-mêmes. Elle se distingue par son caractère méthodologique. Elle porte sur l’application du schéma marxiste culturel à des situations dites “d’oppression” ou d'”inégalité”. Cette application suit une méthodologie très simple mais très puissante, “fool proof”. Voici comment fonctionne ce schéma:

  • Étape 1:    Dans l’abstraction, définition d’un exploiteur et d’un exploité/aliéné (“l’homme”, le “blanc”, le “straight”, le “de souche”, etc.)
  • Étape 2:    “Réification” (c-à-d on crée, on invente…) d’un groupe d’exploiteurs et d’un groupe d’exploités sur la base de critères macro-sociologiques:  c’est l’apparition du “Nous” et du “Eux”  – Ex.: “Nous” les gays, “Nous” les pauvres, “Nous” les “queers“, “Nous” les “femmes”, “eux” les “hommes”, etc.)
  • Étape 3:    Volonté de supprimer la relation d’exploitation au niveau du groupe.

La version économique du marxisme est connue et triviale, c’est le socialisme de lutte des classes économiques (le “Capitaliste” versus l'”Ouvrier”). En ce qui concerne les relations culturelles et sociales, toute situation d’inégalité perçue sociologiquement sera passée à la moulinette de ce schéma cognitif. Le concept-clé dans le marxisme culturel c’est l'”inégalité“.

Voici quelques exemples de pseudo-inégalités:

  1. Prenons le Curé ‘Alpha‘ d’une paroisse ‘Béta’ qui, disons,  ‘opprimerait’ quelques fidèles -> Donc, par réification, le curé ‘Alpha’ devient l’Église! (…c’est le mécanisme de la réification: du petit curé d’une paroisse anonyme on généralise à l’Église), Église qui opprime les croyants -> Donc, nous concluons: c’est la Religion qui opprime le peuple
  2. Soit un mari ‘blanc’ “alpha” qui ‘opprimerait’ sa femme -> Donc, c’est une “preuve” du “Patriarcat” (…la réification’) qui opprime les femmes (c’est la “réification”)
  3. Soit un barman (blanc) qui refuse de servir des clients noirs -> Donc tous les Mâles blancs (…c’est encore la réification) oppriment les minorités raciales.

La “réification” est la généralisation abusive qui crée des fausses classes sociales et de fausses identités. L”‘identité” fait partie de ces fausses abstractions. Les pseudo-intellectuels à la Mathieu Bock-Côté, par exemple, qui se gorgent de grands mots vides, abusent de ce tour de passe-passe intellectuel. Pour ces intelllos, l”identité” est une évidence empirique, or ce n’est pas du tout le cas.

D’ailleurs, et cela fait partie de leur stratégie, ces fausses classes sociales, représentées par des groupes de pression, vont ensuite elles-mêmes se battre pour se faire reconnaître de faux droits par l’État… (droits aux garderies, droits à la procréation médicalement assistée, droit à la gestation pour autrui, etc.). Mais l’État, en créant tous ces nouveaux “droits-à”, accorde aussi implicitement à ses détenteurs, c.-à-d. le citoyen de ce groupe visé par ce droit, le droit implicite d’exiger de l’État qu’il fournisse la prestation de ce service. Et l’État ne peut fournir ce service, et répondre à ce faux droit, qu’en allant piller encore plus les ressources de ses citoyens, Et, de là, tu viens de déclencher la spirale infernale du pillage, des impôts, des taxes et de l’engraissement de l’État-Providence.

Pour chaque exemple présenté, la stratégie est simple: on regroupe la classe des gentils opprimés et la classe des méchants oppresseurs. C’est le Bien contre le Mal. Le marxisme est devenu une théorie morale en plus d’être une théorie politique et économique.

Ce schéma d’analyse marxiste peut atteindre un degré de raffinement considérable et, dans les milieux universitaires, il s’affuble même du nom de ‘Théorie critique‘. C’est cette théorie critique qui est à la base des Gender studies, des afro-american studies et des Gay Studies, etc. Son succès a été énorme et déterminant dans l’évolution de nos sociétés occidentales. Le marxisme culturel et ses théories associées dominent le paysage universitaire contemporain en Occident.

MARXISME CULTUREL : LA VISION DES PALÉO-CONSERVATEURS AMÉRICAINS

La seconde vision du marxisme culturel est celle mise de l’avant par les conservateurs et paléo-conservateurs américains (notamment Paul Gottfried, Patrick Buchanan et William S. Lind). Ces derniers prétendent que le but du marxisme culturel est essentiellement de mettre un terme à la civilisation occidentale. Les outils du marxisme culturel s’articulent autour de la “Rectitude politique” et sont, parmi plusieurs autres:

  • Enseignement du sexe, de l’homosexualité et de la transexualité aux enfants. toutes les transgressions par rapport à la morale traditionnelle sont permises;
  • Immigration exotique massive afin de détruire physiquement l’identité des peuples blancs et de cliver la société.
  • Destruction de la famille et de la nation afin de détruire l’identité psychique des peuples occidentaux.
  • Destruction de l’éducation et création d’une langue de bois pour crétiniser et ôter les repères culturels
  • Avortement, destruction du mariage et de la cellule familiale stable.
  • Dénigrement systématique de l’ Église (pour détruire les repères moraux et culturels fondateurs).
  • Dépendance à l’Etat.
  • Dépendance aux allocations sociales (afin de créer une clientèle asservie).Crétinisation des médias et des écoles (pour détruire la faculté de jugement).
  • Substitution de la famille patriarcale par la famille monoparentale, voire homoparentale (afin d’éliminer l’influence néfaste du gros méchant mâle blanc).
  • Destruction de la filiation (devinez pourquoi…)
  • etc.

Il faut savoir que cette seconde vision a été reprise, à travers le réseau Inernet, par de nombreux groupes d’extrême-droite, de néo-nazis et de groupes conspirationnistes. Cette vision paléo-conservatrice n’est pas mauvaise en soi, au contraire, mais sa manipulation est intellectuellement piégée et très risquée (car associée à des groupes discrédités). Dans un sens, cette récupération par les groupes extrémistes sert plus à accréditer la thèse du marxisme culturel qu’à la réfuter. Il est donc de la plus haute importance de bien choisir ses références lorsque nous débattons du marxisme culturel.

CONCLUSION

Ceci étant dit, ce n’est pas parce qu’un groupe social est discrédité socialement par le “Bag” qu’il perd automatiquement sa valeur.

Il faut simplement en être conscient.

En résumé, depuis les années 60-70 et malgré la Chute du Mur de Berlin, on assiste à une véritable renaissance du marxisme. Il demeure toujours vivant et actif et il a transformé radicalement la nature de son action politique.


 

Le livre du Pr. Paul Gottfried sur le marxisme culturel est un bon point de départ pour commencer à décoder ce phénomène politique

Gottfried , P., (2005),“The strange death of marxism”, Publ.: University of Missouri , 176 p. –  http://www.amazon.com/The-Strange-Death-Marxism-Millennium/dp/0826215971

Dubet, François ((1993)), « Les nouveaux mouvements sociaux », Paris, PUF, coll. ”in François Chazel (dir), Action collective et mouvements sociaux”, p. 61-63

 

L’héritage de l’École de Francfort: Les NOUVEAUX MOUVEMENTS SOCIAUX (NMS) – 1

December 21, 2014 § Leave a comment

RETOUR SUR LE MARXISME CULTUREL

Selon Melanie Phillips, journaliste anglaise du Daily Mail, nous avons été idiots de croire que la gauche radicale marxiste était disparue avec la fin de l’URSS: elle est toujours vivace et elle nous sabote de l’intérieur.

Melanie Phillips révèle que l’agitation anti-raciste ou LGBT s’inscrit dans un programme plus général de subversion des valeurs de la culture occidentale.

“This was what might be called ‘cultural Marxism’. It was based on the understanding that what holds a society together are the pillars of its culture: the structures and institutions of education, family, law, media and religion. Transform the principles that these embody and you can thus destroy the society they have shaped.” (Melanie Phillips)


 

Le marxisme culturel puise ses fondements théoriques dans les travaux d’Antoni Gramsci et des philosophes de l’École de Francfort. Comme nous le verrons dans cette série d’articles, le marxisme culturel est bien implanté au Québec, notamment dans le « second front de lutte » de la CSN et Québec Solidaire.

L’École dite de Francfort s’est progressivement constituée dans les années 30, 40 et 50 et ses principaux représentants sont Theodore  Adorno, Max Horkheimer, Herbert Marcuse, Walter Benjamin et, surtout, Gramsci. Ces philosophes et intellectuels ont chacun atteint une stature universelle et ont joué un rôle critique dans le renouvellement des concepts et méthodes à la base du marxisme.

En bref, l’idée de génie articulée par ces penseurs aura été d’appliquer la grille marxiste d’analyse de luttes des classes, restreinte jusque-là à la sphère économique, à toutes les situations sociales où l’on retrouve des structures collectives asymétriques (parents-enfants, hommes-femmes, de souche-immigrants, Gays-straights, médecins-patients, etc.), c-à-d dans toutes les situations sociales où il y a apparence d’une classe dominante opprimant une classe dominée.

Le grand résultat concret de ce travail théorique, c’est l’émergence, dans les années 60, des “Nouveaux Mouvements Sociaux” (NMS) en parallèle, et en complément, à la lutte ouvrière. À ce moment-là, les NMS désignent alors les groupements les plus divers : mouvements noirs et luttes étudiantes aux USA,  mouvements écologistes, féministes, régionalistes, pacifistes, etc. En 2014, les Carrés rouges et les mouvements Occupy sont les plus récents avatars des NMS. Avec les Nouveaux Mouvements Sociaux, les marxistes/socialistes ont réussi à créer et articuler une théorie politique qui englobe TOUS les aspects de la vie humaine et sociale. Ce fut un succès sur toute la ligne.

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Comme nous le savons, ces penseurs ont élargi le marxisme classique, qui focalise uniquement sur la lutte des classes économiques, à un nouveau marxisme qui inclut une théorisation des enjeux culturels et sociaux: la lutte des classes ne doit pas être qu’économique mais doit aussi se faire dans les sphères culturelle, sociétale, environnementale et morale. Cette théorisation a, d’une part, introduit de nouvelles catégories politiques, à savoir l’environnementalisme et la victimologie (avec des victimes de toutes nature: femmes, gays, immigrants, queers, les trans, les alter, les machins, les jeunes, etc.) et a, d’autre part, culminé dans des multitudes d’actions politiques concrète avec les Nouveaux mouvements sociaux.

Depuis les années 60-70, ces Nouveaux mouvements sociaux ont connu un essor incroyable en Occident. La culture, l’environnement, le sociétal et la morale constituent la nouvelle scène du jeu politique. Dans l’optique des NMS, l’économie est subordonnée au social et à la culture et a été reléguée au second plan. La grande idée-force des NMS est d’appliquer les schémas “dominant-dominé” et de lutte des classes dans toutes les dimensions de la vie sociale où on retrouve des relations ‘inégalitaires’ (hommes-femmes, hétéro- vs gays, etc.) ou asymétriques. La “Lutte des classes” marxistes est recyclée en revendications des lobbys Gays, féministes ou ceux d’une religion ou secte quelconque.

PRÉSENTONS QUELQUES EXEMPLES DE “NOUVEAUX MOUVEMENTS SOCIAUX”…

Pour Gramsci, en particulier, l’avènement du socialisme ne passe plus par un putsch ou par l’affrontement direct, mais par la subversion des esprits. La stratégie Gramscienne est donc de contrôler la “culture” parce qu’elle est la clé de voûte des valeurs et des idées collectives.  Gramsci théorise donc une implantation du marxisme qui passe par l’éducation, l’endoctrinement et la subversion des esprits. Ces penseurs de l’École de Francfort demeurent néanmoins des marxistes car ils transposent systématiquement le schéma de lutte de classe (oppression/aliénation, dominants/dominés) à toutes les relations sociales et culturelles.

Avec cette application de la “grille” d’analyse marxiste à tous les sujets, le marxisme économique classique, qui ne s’intéresse essentiellement qu’à la lutte des classes économiques, à la volonté de supprimer l’exploitation et la propriété privée des moyens de production, ne devient qu’une composante du mouvement marxiste. Cette nouvelle grille marxiste avec son schéma politique gauche/droite a connu son apogée durant les ‘Trente glorieuses’ (circa 1945-1975). La droite européenne ayant été complètement discréditée depuis la défaite honteuse de Hitler, Mussolini et Pétain (tous ces dictateurs étant associés à la droite), les socialistes ont manipulé la dialectique gauche-droite à leur guise et le jeu de l’équilibre des forces n’a jamais réussi à s’établir dans nos sociétés occidentales.

En résumé, tous les Mouvements Sociaux qui appliquent cette vision victimaire de lutte de classe, d’oppression/aliénation, à toutes les enjeux sociétaux et et culturel ainsi qu’aux conflits éthiques peuvent être catégorisés comme étant des marxistes culturels. Au Québec, le PQ et, surtout Québec Solidaire, ont réussi à fédérer très efficacement tous ces lobbys, groupes de pression et mouvements sociaux pour en constituer une force politique significative.

Malheureusement, cette grille d’analyse est aussi bien utilisée chez plusieurs membres de notre chère droite québécoise.

Deux points de vue s’affrontent sur le terrain du marxisme culturel: les marxistes eux-mêmes et les paléo-conservateurs américains (Paul Gottfried et cie) qui en ont fait leur tête de turc. Le prochain article présentera ces deux perspectives.

gramsci

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Plus d’informations sur le Second front de lutte de la CSN:
http://www.csn.qc.ca/c/document_library/get_file?p_l_id=1638356&folderId=4117816&name=DLFE-55213.pdf

Quelques pistes pour le travail intellectuel…

July 13, 2014 § Leave a comment

« Travaillons donc à bien penser. Voilà le principe de la morale »

Blaise Pascal (1623-1662)

Par cette formule courte, mais puissante, Pascal voulait montrer l’importance de bien penser et de bien maîtriser la méthodologie du travail intellectuel non seulement pour savoir bien écrire ou analyser correctement les textes mais également pour apprendre à bien vivre. Bien penser et bien vivre vont de pair.

Le travail intellectuel, tout comme l’art du travail du bois ou de la pierre, ne s’acquiert qu’au fil du temps, avec les années de pratique. Il est impossible de court-circuiter un apprentissage sérieux et continu qui ne peut se faire que sur un grand nombre d’années.

Pour s’initier au travail intellectuel, j’ai été personnellement influencé par deux ouvrages remarquables, mais de nature très différente mais complémentaire, jusqu’à un certain point. Voici ces deux ouvrages:

  • Le premier est un tout petit livre, tout à fait magistral, qui s’appelle “Le travail intellectuel“. L’auteur est le philosophe Jean Guitton, anciennement de l’Académie française. Ce livre exceptionnel est véritablement un travail d’orfèvrerie intellectuelle finement ciselée. C’est la finesse de l’esprit français à son meilleur. On n’y trouvera pas de recettes toutes faites à l’américaine mais on y présente plutôt une façon toute en subtilité et délicatesse d’aborder les problèmes, une vision du monde et une méthode pour apprendre à apprendre. Ce livre, paru chez Aubier, est malheureusement épuisé après différentes rééditions. Bref, pour l’instant il faut compter sur le marché de l’occasion ou une bonne bibliothèque. J’en ai 2 ou 3 copies à la maison. C’est tout dire…

Notre civilisation sursaturée de connaissances et de moyens de savoir offre tant de masques et de faux appuis que l’homme ne sait plus ce qu’il sait et ce qu’il ignore”  (Le Travail intellectuel, p.14, Aubier, 1951)

On peut trouver ici une recension du livre de Jean Guitton.

  • Le second ouvrage est, en fait, un essai méthodologique d’utilisation plus directe et facile. C’est la méthode dite des “88 Clefs” de la logique. L’auteur est le Pr. Victor Thibaudeau, de la Faculté de philosophie de l’Université Laval. En bref, les “88 clefs”  est une méthode simple et bien structurée qui permet d’identifier facilement et précisément les problèmes d’organisation ou d’expression de la pensée présents dans un texte en quelque domaine que ce soit. La méthode s’adresse d’abord aux étudiants et aux enseignants mais peut être utilisé avantageusement par tous ceux qui sont soucieux d’écrire et de penser de façon logique et structurée. J’aime bien cette méthode. Il y a un site web qui présente de façon très complète la méthode des “88 clefs“: cliquer ici pour y accéder. Le Pr. Thibaudeau a aussi rédigé un aide-mémoire qui tient dans une seule page. Très utile. J’ai imprimé cette page et je l’ai constamment sous les yeux lorsque j’écris ou je lis un texte consistant

Finalement, mentionnons aussi la technique du Mind-Mapping qui s’établit de plus en plus comme étant LA méthode incontournable pour représenter graphiquement ses idées sous la forme de cartes conceptuelles… Une magnifique méthode, très simple et puissante….et fort utile pour nous aider à synthétiser ses idées….j’y reviendrai.

mindmapping

Don’t fight forces…

September 8, 2013 § Leave a comment

“Don’t fight forces, use them”

R. Buckminster Fuller

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